Two major electoral campaigns in Canada are being run by former Airbnb and real estate lobbyists
Les campagnes électorales de Toronto et de la Colombie-Britannique sont actuellement pilotées par d’anciens lobbyistes du secteur immobilier et d’Airbnb, révélant une porosité troublante entre intérêts privés et sphère politique. Cette situation interroge sur l’intégrité des promesses électorales en matière de logement, alors que ces acteurs ont précisément contribué à aggraver les crises qu’ils prétendent désormais résoudre.
Quels sont les liens précis entre les candidats et les lobbies immobiliers ?
Brad Bradford, candidat à la mairie de Toronto, s’appuie sur Laryssa Waler-Hetmanczuk, ex-directrice de communication de Doug Ford et fondatrice d’un cabinet de lobbying ayant travaillé pour Airbnb, des promoteurs immobiliers et des fonds d’investissement comme High Art Capital. David Eby, Premier de Colombie-Britannique, a nommé Cheryl Oates, lobbyiste pour Uber et des entreprises comme Shoppers Drug Mart, comme directrice de sa campagne. Les deux femmes ont collaboré en 2026 pour promouvoir un fonds d’acquisition de condos invendus, un projet directement lié aux intérêts immobiliers.
Pourquoi ces alliances posent-elles un problème éthique ?
Les experts interrogés soulignent un conflit d’intérêts structurel : ces lobbyistes, qui ont défendu des intérêts privés souvent opposés à l’intérêt public, occupent des postes clés dans des campagnes promettant de résoudre des crises qu’ils ont contribué à créer. Leur présence envoie un signal de continuité avec les réseaux qu’ils représentent, même si aucune preuve de malversation n’est établie. Le système actuel ne permet pas d’écarter tout risque de quid pro quo après l’élection.
Quelles sont les conséquences concrètes de ces pratiques sur les politiques de logement ?
Les deux candidats misent sur des mesures symboliques (réduction des taxes, fonds d’acquisition) pour répondre à la crise du logement, alors que leurs alliés lobbystes ont historiquement favorisé des modèles économiques précarisant l’accès au logement. À Toronto, où Airbnb a retiré jusqu’à 31 000 logements de la location depuis 2019, les loyers ont augmenté de 71 % depuis 2018. En Colombie-Britannique, malgré des restrictions sur les locations touristiques, les prix restent inaccessibles pour une partie de la population.
Pourquoi les mécanismes de transparence sont-ils insuffisants ?
Les registres de lobbying canadiens, bien que publics, ne contraignent pas à détailler les participants aux réunions ou les échanges informels. Les demandes d’accès à l’information sont souvent laborieuses, voire bloquées, comme en Ontario où les règles ont été durcies en 2026. Seule la Colombie-Britannique offre un cadre légèrement plus transparent, mais les lacunes persistent, notamment au niveau municipal où la transparence est minimale.
Ce que ça pourrait changer
Cette porosité entre lobbying et campagnes électorales risque d’éroder davantage la confiance des citoyens envers les institutions, surtout si les promesses de réforme du logement se heurtent aux intérêts des mêmes acteurs qui ont façonné la crise. Elle pourrait aussi encourager une radicalisation des discours anti-système, en alimentant le sentiment d’un pouvoir capturé par des élites économiques. À plus long terme, elle menace la légitimité des politiques publiques si elles apparaissent comme des compromis déguisés entre acteurs privés.

